Le barrage de Bort-les-Orgues est un barrage en béton situé sur la Dordogne et dans la commune de Bort-les-Orgues, retenant le lac homonyme. Il s'agit d'une des plus grandes retenues françaises pour un barrage en béton.
Le barrage de Bort-les-Orgues est situé en France, sur les communes de Bort-les-Orgues (Corrèze) et de Lanobre (Cantal), dans le Massif central. Il retient les eaux de la Dordogne. Exploité par EDF, il est placé sous le contrôle de la DRIRE Limousin.
Le projet de barrage rencontre une opposition limitée. Dès 1939, des experts fonciers démarchent les habitants des trois villages qui seront engloutis (Port-Dieu, Mialet et Valette), prédisant des offres d'achat très intéressantes et l'assurance d'exploiter les terres jusqu'à la mise en eau. Il est également prévu de submerger le château de Val, dont la propriétaire sera expropriée en 1948, mais une révision de la hauteur initialement envisagée lui permettra d'échapper à l'engloutissement. Les premiers travaux débutent en juin 1942, avec un chantier de qui évitent ainsi le STO. Les conditions sont particulièrement difficiles : le chantier sera plusieurs fois emporté par les crues de la Dordogne, et les avaries multiples feront au cours du chantier. Au cours des travaux, on découvre que les conditions géologiques ne correspondent pas aux prévisions et complexifient encore la mise en œuvre du barrage. Des travaux supplémentaires sont nécessaires, et en particulier la consolidation des fondations. En 1949, le nombre de travailleurs sur le chantier est porté à . Les vannes du barrage sont fermées le 1 mars 1951, et le barrage se remplit en quelques semaines. Les travaux sont finalisés en 1952 ; ils auront duré dix ans. L'importante quantité d'eau ainsi retenue submerge une partie de la ligne Bourges - Miécaze de la SNCF, plus précisément le tronçon Eygurande - Bort-les-Orgues, ainsi que les villages de Port-Dieu, Mialet et Vallette. Il était prévu que la ligne soit déviée à l'ouest, en utilisant le tronçon Eygurande - Ussel, puis une voie nouvellement construite devait continuer d'assurer la liaison ferroviaire, Ussel - Bort-les-Orgues. Cette section a été mise en travaux mais ceux-ci ont été rapidement abandonnés. Bort-les-Orgues a par la suite subi les fermetures de lignes ferroviaires vers Neussargues et Miécaze (près d'Aurillac), qui se dirigeaient vers le sud. La disparition et le non-remplacement de la seule ligne venant du nord est à l'origine de cet abandon ferroviaire, dans une gare qui fut autrefois un centre de correspondances assez important. En juillet 1957, un joint de la conduite forcée de Granges, qui amène les eaux de la Rhue, se rompt. Cet incident a provoqué une inondation dans certaines rues de la ville, causant une belle frayeur aux habitants. Le 29 mai 1972, la vidange décennale est précédée d'une exploration par la capsule du commandant Cousteau.
Le barrage a une hauteur de et possède une retenue longue de permettant de nombreuses activités nautiques. C'est la troisième plus grande retenue française pour un barrage en béton (hors DOM-TOM). Il est équipé d'un évacuateur de crue, capable d'assurer un débit de /s d'eau, de type dit en raison de sa forme. Cet évacuateur n'a jamais servi en dehors de tests.
L'usine hydroélectrique possède trois turbines de type Francis : La hauteur de chute nominale est de .À l'amont du barrage, le bassin versant de la Dordogne s'étend sur . Les débits augmentent fortement en période de crue : (estimation). Le barrage atténue les crues vers l'aval par une élévation du niveau d'eau de son bassin de retenue de, pour atteindre sa cote de plus hautes eaux (PHE) de NGF. Le barrage possède deux vannes, de par, qui permettent un débit à plus hautes eaux de /s, largement dimensionné par rapport aux débits de crue estimés. Le dernier essai en conditions réelles a été réalisé le 26 juin 2012 .
L'exploitant du barrage EDF a réalisé une analyse des risques de rupture du barrage dans le cadre extrême d'une crue décamillennale (tous les 10000 ans). Les risques de tremblement de terre et de glissement de terrain dans le bassin de retenue n'ont pas été retenus . La hauteur de la lame d'eau résultant de la rupture du barrage, ainsi que le temps (t) d'arrivée ont été évalués en aval : Les temps d'arrivées sont à majorer de 24 heures car l'exploitant doit avertir les autorités 24 heures avant le risque de rupture. Au passage de l'onde de crue, les barrages de Marèges, de l'Aigle, du Chastang et du Sablier à Argentat seraient également détruits . Face à ces risques, un Plan Particulier d'Intervention (PPI) a été élaboré en octobre 2007 .
Depuis sa mise en service en 1952, le barrage de Bort-les-Orgues attire de nombreux visiteurs chaque année. Il existe d'ailleurs, depuis juillet 2011, un espace de visite (appelé Espace EDF) situé au pied du barrage, à côté de l'usine hydroélectrique. Ouvert toute l'année, ce lieu pédagogique, ludique et interactif accueille les visiteurs qui peuvent découvrir les différents moyens de production d'électricité et leur fonctionnement. L'Espace EDF du barrage de Bort-les-Orgues est aussi un lieu de sensibilisation aux économies d'énergie et à la protection de la faune et de la flore., en régulant la Dordogne . Les ingénieurs à l’origine de la construction ont notamment anticipé le débit de la crue milléniale, en installant un évacuateur de crue. Encore jamais utilisé, il a notamment fait l’objet d’une série de travaux de maintenance en 2012 . En 2015, le barrage aurait également joué un rôle déterminant dans la protection de l’environnement en empêchant des « tonnes de sédiments déversées dans la rivière Dordogne après l'ouverture d'une vanne à La Bourboule » de se propager plus en aval .