Le lac de Longemer est l'un des hauts lieux du tourisme vert dans le département des Vosges, sur la commune de Xonrupt.
Le lac de Longemer est un lac de barrage morainique, donc formé par des amas rocheux à la fois fins et grossiers d'origine glaciaire, traversé par la Vologne. Il s'étire sur plus de 76 ha dans le sens de la vallée. Ses dimensions maximales sont de de longueur sur de largeur. Sa profondeur dépasse 30 mètres.
Au cours du quaternaire, le massif vosgien a connu des glaciations successives, mais c'est pendant la dernière phase, celle de la glaciation de Würm (80 000 à 10 000 ans environ) que sont nés les trois lacs :
Sur la rive ouest se trouve une petite chapelle dédiée à saint Florent, présente déjà au milieu du, reconstruite en 1449, tombée en ruine puis reconstruite sous le nom de Saint-Laurent des Graviers en 1727 . Elle occupe la place d'un oratoire dédié à saint Barthélémy qui serait, suivant une légende, l'ermitage érigé en 1056 par le pieux ermite Bilon, ancien officier du duc Gérard de Lorraine .
Différents contes vosgiens, rapportés par la tradition orale, notamment dans les anciens loures de Xonrupt, rapportent le statut autrefois infâmant du lac. Il existait une période où les paysans ne pouvaient librement s'y rendre sans susciter l'ire et les représailles des autorités religieuses chrétiennes. L'explication la plus plausible est que ce lac était autrefois un lieu de culte et de pèlerinage païen, fort apprécié à l'époque gallo-romaine pour ses eaux pures et purgatives soignant nombre de maladies, dont en particulier les coliques insidieuses et maladies digestives . Les Anciens expliquaient malicieusement le lieu dédié à Saint Fiôrent par saint Fiârant (Foirant en français) ou saint Fieurant (fieurent de même racine que fleurer a aussi le sens d'apporter une odeur plus ou moins agréable). La végétation montagnarde de ses rives a fait naître aussi la légende chrétienne, souvent prohibée, de l'arbre-géant du lac pestilentiel, maléfique par son ombre gigantesque réduisant à néant toute vie végétale, animale et humaine et rappelant par son odeur un dragon enfoui. Elle est aussi révélatrice de la présence d'arbres-dieux, sanctuaires du paganisme, qu'il fallait extirper par la propagande chrétienne . L'arbre-géant monstrueux est détruit finalement selon deux versions : La pestilence disparaît, l'eau pure réapparaît miraculeusement. Il ne reste que le lac et la lumière que la vie animale et végétale peuvent coloniser pour le bien de tous. Ainsi l'accès à la vraie et unique vie spirituelle chrétienne passe par la libération et la double-lumière de l'espace christique né du lac (de sève et de sang). Il n'empêche, cette violence destructrice monothéiste imposant l'abandon de cet ancien lac-sanctuaire englobé anonymement dans la foresta mérovingienne, n'a pas empêché la reprise timide, puis dûment autorisée au par l'évêque Gérard de Toul imposant le patronage du saint apôtre Barthélémy sur les rares ruines-sanctuaires dévastées par le zèle fanatique des premiers Chrétiens envers les premières populations, leurs pratiques multiséculaires et leurs paysages familiers.
La vocation touristique du lieu se traduit par la présence de plusieurs terrains de camping (13 sur la commune) et les nombreuses possibilités de promenades, pêche et autres loisirs aquatiques. C'est grâce à ses qualités tant d'accessibilités qu'halieutique que le lac de Longemer a été choisi pour accueillir certaines manches du championnat du monde de pêche à la mouche, organisé par la France, la FIPS et la FFPML en juillet 2002. Depuis 2002, le lac et ses alentours, soit une superficie de 900 hectares, ont été classés au titre des sites remarquables pour sauvegarder de manière pérenne l’identité et la beauté du site de Longemer .