Le lac de Sylans est un lac naturel situé dans le département de l'Ain, sur les communes du Poizat-Lalleyriat et des Neyrolles. Il connaît des variations de niveau importantes pouvant atteindre quatre à six mètres. Le lac de Sylans occupe une partie de la cluse de Nantua, une vallée creusée lors des dernières glaciations. Mais la formation du lac est bien plus récente, puisqu'elle est le résultat de l'effondrement d'une portion de la falaise nord de la vallée il y a plusieurs siècles. Ce gigantesque éboulement a comblé en partie la vallée, entre les glacières de Sylans et les sources de la Doye, au-dessus des Neyrolles. Le cours d'eau situé à la place du lac coulait, avant l'éboulement, en direction des Neyrolles. Le lac s'est donc créé à l'amont de l'éboulement. Aujourd'hui, le lac se déverse toujours en direction des Neyrolles puis de Nantua, car ses eaux s'infiltrent à travers l'éboulement pour ressortir au niveau des sources du ruisseau de la Doye. C'est pour cela qu'en été, lors des périodes sèches, le niveau du lac peut baisser fortement. Pendant les périodes humides, par contre, le passage souterrain permettant d'évacuer les eaux du lac en direction des Neyrolles n'est pas suffisant. Son niveau monte jusqu'à ce qu'il se déverse en direction de Saint-Germain-de-Joux puis de Bellegarde-sur-Valserine, de l'autre côté de la cluse de Nantua, par le ruisseau le Combet, affluent de la rivière la Semine qui elle-même rejoint la Valserine. Les glacières sont nées en 1865 sur une idée de Joachim Moinat, propriétaire d'un café à Nantua, qui a l'idée d'utiliser pour son établissement la glace très pure qui recouvre chaque hiver le lac de Sylans. En 1885, Moinat vend son affaire à la Société des glacières de Paris qui fait construire de nouveaux bâtiments en bois puis en pierres entre 1890 et 1910 pour servir de logements, de bureaux, de cantine, d'écurie à chevaux et d'ateliers de réparation. La fabrication de glace artificielle à partir de 1900, des hivers moins rigoureux de 1911 à 1913 et la Première Guerre mondiale vont mettre un terme à cette exploitation en 1917, précédant la vente des bâtiments en 1925. Aujourd'hui ne subsistent que des vestiges de ce qui constituait l'un des plus importants chantiers de glace du XIXe siècle. Des restaurations sont en cours et ont déjà permis de redécouvrir ce que pouvaient être les entrepôts.